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GOJOE de Sogo Ishii - 2000 - Chambara Fantastique Légendaire - Japon
Avec
ASANO Tadanobu - Nagase Masatoshi - Ryu Daisuke |
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Note Steph : 7/ 10
Note
Musashi : 7/10
Résumé
Kyoto, XIIIe siècle : quiconque tente de franchir le pont de Gojoe durant la nuit est systématiquement décapité par ce qui semble être des fantômes, jusqu’aux patrouilles dépêchées par les autorités, tout autant décimées. Ignorant les avertissements de son maître, Kenkei, un ancien guerrier légendaire aujourd'hui reconverti en un pacifiste moine, s'est juré d'apprivoiser les démons de Gojoe. Il découvrira vite que ces prétendus fantômes sont en fait les trois derniers survivants d'un clan aux pouvoirs immenses, qui réclament le trône familial… L’affrontement est inéluctable. ...
DVD Zone 2 disponible chez Asia-Diffusion
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Présenté ici dans sa version internationale de 102 mns (la version intégrale dure 140 mns) GOJOE présente des qualités indéniables et des défauts bien présents certainement du à l'amputation de près de 40 mns et à une chorégraphhie approximative des combats. Film faisant partie en quelque sorte du partimoine japonais, le réalisateur Sogo Ishii ( Electric Dragon 80 000 V) met en scène une légende, celle de Yoshitsune et du moine Benkei datant du 12ème siècle.
Magistralement interprété par Tadanobu Asano (Zatoichi, The Taste of Tea), Gojoe est l'histoire de démons (ou d'anciens guerriers) aux pouvoirs immenses qui empèchent quiquonque tente de traverser le pont de Gojoe.
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Dans une ambiance surréaliste et une atmosphère fantastique, GOJOE n'est pas à proprement parlé un film de sabre, un chambara comme nous avons l'habitude de définir le genre. Cette fiction mythique dont le japon nous réserve malheureusement la version courte, bénéficie d'une réalisation extrèmement bien pensée reposant sur des choix d'angles mettant en valeur surtout les scènes d'échanges entre les différents protagonistes. La photographie est ici surprenante, contrastée. En revanche, la ou le film perd en efficacité, c'est sur la mise en scène des choragraphies des combats. Peut-être est-ce une volonté du réalisateur, il n'empêche que le film aurait gagné a être chorégraphié par un autre, les plans rapprochés ne permettant pas parfois de comprendre ce qui se passe à l'écran. Ce qui est d'autant plus frustant que dans son ensemble le film est réalisé avec un souci du détail mettant en scène un vrai casting de qualité ... |
Comme précisé ci-dessus, GOJOE n'étant pas à proprement parlé un film d'action ni de sabre, cela explique peut-être la manière de filmer ces scènes. D'autant que si il y a bien un pays qui peu se venter d'avoir eu les meilleurs maitres dans le genre, c'est bien le japon.
Film à considéré comme un renouveau du cinéma de genre chambara bénéficiant d'un esthétisme particulièrement propre, GOJOE met en scène l'honneur des guerriers dans un univers pessimiste et sanglant ou chacun combat dans son unique but, qu'importe les risques. Le moine Benkei qui ne croit plus en rien, n'a de cesse de vouloir combattre les plus grands guerriers ou démons, les démons de Gojoe veulent eux retrouver leur trône. |
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GOJOE plaira en priorité aux fans de cinéma japonais, aux passionnés, j'aurais tendance à dire, aux spécialistes et moins au grand plublic à l'inverse de chambara moins philosophique comme Zatoichi. GOJOE est un film japonais qui n'a pas été calibré pour un public occidental si ce n'est que la version internationale a été coupée.
Nous conseillons donc ce film pour tout ceux qui se passionnent pour les légendes du pays du soleil levant. Profitez de cette chance que nous avons de l'avoir en DVD. Px Public 14.99 TTC chez asia-diffusion - Editeur Wild Side Vidéo. |
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Steph
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Précédent le très justement culte Electric Dragon 8O.OOOv , Sogo Ishii décide de délaisser un cinéma expérimental auquel il a donné ses lettres de noblesses avec des films assez méconnus comme Burst City ou Crazy Thunder Road pour s'attaquer au cinéma de genre connu sous le nom de chambara (film de sabre japonais). Quand on connaît la furie qu'il est parfois capable de mettre en oeuvre face à la caméra, et qu'en plus le nom d'Asano Tadanobu ( Vital, Electric Dragon 80.000v, Picnic ...) vient s'inscrire au générique, on a toutes les bonnes raisons de croire en un sérieux revival d'un genre quelque peu sombré dans les méandres des 70's. |
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Tout d'abord sachez, pour information, que la version de Gojoe que l'on peut trouver de par chez nous, est amputée de près de 40 minutes, s'agissant de la version internationale de 1h40 contre les 2h20 de l’œuvre originale. Un procédé scandaleux totalement irrespectueux des producteurs envers le réalisateur. Ainsi, Gojoe se voit amoindri de toute une dimension philosophique, qui affecte la consistance des personnages. Ceci en tête, ce chambara signé Ishii se révèle malgré tout absolument jouissif, la fibre artistique punk du réalisateur étant adaptée au contexte et prenant une envolée démente lors de la scène finale, sorte de prologue à l'anarchie totale qu'il mettra ensuite en place sur Electric Dragon 80.000v. Et surtout, sous des allures de blockbuster qu'il n'est pas, le film se veut une relecture personnelle d'un genre auquel il livre ses premières armes, subtil mélange d'influences, confrontant à de violents combats (le sang giclant façon Baby Cart ), une réflexion sur la religion et la rédemption. Tout cela par le biais d'un seul et unique personnage : le charismatique Benkei interprété par Ryu Daisuke (Ran, Kagemusha...) |
Ancien tortionnaire, bourreau voire boucher (le film n'explicite pas son ancien "statut", toutefois sa réputation dans les villages, ceci comme son ardeur au combat et son maniement brutal des armes, laissent présager d'une telle classification), Benkei s'est tourné vers la religion pour y apaiser son âme ainsi que racheter et expier les fautes commises dans son passé. Illuminé par ce qu'il croit être une demande divine, il se voit confier la mission de mettre un terme aux massacres se perpétuant sur un pont résidant à Kyoto. Le pont Gojoe. En effet de sombres démons y décapitent les patrouilles, et les autorités se révèlent incompétentes à y mettre un terme. |
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Un personnage d'un charisme incroyable qui apporte une dimension mystique au film, et permet à Gojoe, d'éviter d'être la sempiternelle bataille du Bien contre le Mal maintes fois revue et corrigée. Point de manichéisme ici. Ni même d'héroïsme. Les prétendus démons révèlent d'ailleurs très vite leurs intentions afin de légitimer leurs actes. Et à la manière de Electric Dragon 80.000v , le film prend rapidement l'allure d'un duel ultime, où les personnages ne sont pas guidés par des idéologies ou des motifs d'ordre moraux, mais par un désir de s'affronter, de confronter leur puissance. Et Ishii s'approprie et modernise ainsi un genre. Le sabre guidant l'esprit, n'est-ce pas là l'essence même du chambara ?

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Formellement, Gojoe en impressionnera plus d'un tellement le travail sur la photographie et l'éclairage se révèle splendide. En alternant aux scènes de massacres, une contemplation de la nature au sein de laquelle se recueillent et s'affrontent spirituellement les personnages, Sogo Ishii confronte avec une aisance remarquable la chair et l'esprit, délaissant tantôt le fer pour des rites occultes. La composition des acteurs, de la même manière, se révèle de qualité ; Asano Tadanobu interprétant, avec maestria, une force tranquille dont il a le secret. Toutefois, force est de reconnaître, qu'il se fait littéralement voler la vedette par Ryu Daisuke absolument grandiose. Certes, l'écriture plus poussée du personnage, un passé mystérieux ainsi qu'un charisme indéniable y sont pour quelque chose mais l'acteur habite tellement son personnage qu'il était destiné à crever l'écran ... |
Malgré tout, quelques défauts viennent entacher cette oeuvre, la cantonnant à être un très bon film à défaut d'être tout à fait remarquable. Tout d'abord, excepté le duel final, les combats paraissent un peu brouillons, alors certes, la rage et la violence sont outranciers à souhait, le sang profusant de façon plus qu'habituelle mais on aurait aimé un peu plus de lisibilité. On ne sait plus tellement où donner de la tête et comme de toute manière elles finissent toutes par tomber, l'impression de chaos n'en est que renforcée. Narrativement, il est également regrettable que le réalisateur décide de lever aussi tôt le voile sur ces démons hantant ce pont de la séparation. Un peu plus de suspens aurait été appréciable. Quelques points qui n'entachent en rien le potentiel culte de Gojoe toutefois.
n définitive, Sogo Ishii parvient à une belle relecture d'un genre cinématographique typiquement japonais, et réussi à y insuffler une identité propre, pour un résultat très franchement baroque. Un chambara des temps modernes intelligent et jouissif signé par l'un des réalisateurs contemporains les plus intéressants. Franchement prescrit.
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| Musashi |
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