Qui aurait cru, en 1982, à la sortie de ce qui devint pour nombre de passionnés de cinéma asiatique une véritable oeuvre culte, que le réalisateur controversé Tsui Hark (Time and Tide, Il était une fois en Chine...) réaliserait près de vingt après, une suite à Zu, les guerriers de la montagne magique ? Qui aurait cru que le réalisateur subirait à nouveau les mêmes critiques nationales qui avait descendu son film à l'époque, à savoir une surenchère d'effets spéciaux ? Bref qui aurait finalement cru que le réalisateur aurait l'audace de retranscrire, par le biais d'une oeuvre visionnaire, toute l'étendue de son imagination par le biais du numérique? Non, Tsui Hark n'est définitivement pas commun .
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En s'ouvrant sur le charme mystique des montagnes de Zu, entourées d'un halo de brume, respirant et transpirant de fascination et de méfiance, tel un Eden aux charmes fatals, l'invitation au voyage et à l'imagination est immédiate. L'univers dépeint par Tsui Hark est d'un surréalisme déconcertant, et rebutera autant les plus sceptiques qu'il hypnotisera les plus rêveurs d'entre nous. Il est intéressant de noter, que contrairement au premier Zu qui se déroulait principalement à l'intérieur de la montagne, ce Legend of Zu puise davantage son ivresse et sa force de l'extérieur, et ne se concentre sur les scènes d'intérieur que pour imager l'oppression et le danger. La technologie numérique a été mise au profit de la peinture d'un univers où s'expose toute la créativité d'un auteur notamment par ces montagnes en suspension mais c'est aussi un déluge de personnages (trop peut être ?) singuliers : Red et ses ailes en métal, la petite fée Amnesia, les disciples se déplaçant dans le ciel telle une étoile filante, les serviteurs diaboliques et bien d'autres idées qui ne manqueront sûrement pas d'assurer le spectacle.
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Car à la manière de son prédécesseur, Legend of Zu se veut avant tout un divertissement, et l'on ressent l'effort distillé tout au long du film pour offrir un spectacle de qualité continu. A trop miser sur les effets spéciaux pourtant, on pourrait être effrayé à l'idée de se retrouver avec un Casshern hong kongais, à savoir un film d'une beauté hallucinante mais désespérément creux. Que nenni. Si le film n'est peut être pas un modèle du genre, puisque l'on nage en plein scénario de superhéro, et donc, de manière totalement liée, en plein manichéisme primaire, Legend of Zu possède ce "quelque chose" de plus profond, qui n'apparaît réellement qu'avec une révision. Aussi, une entraille s'est crée dans la continuité entre les deux films puisque là où Zu se voulait léger et ponctué de touches comiques, Legend of Zu se veut beaucoup plus dramatique et aborde de nombreux thèmes comme le sens des valeurs, de l'amitié et de l'amour. Dommage que les effets spéciaux tendent en général à écraser ces délicatesses de la trame.
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Afin d'assurer le spectacle, Tsui Hark a réuni une bonne partie du casting de The Legend of Speed puisque l'on retrouve Ekin Cheng (Running Out Of Time 2), plutôt mauvais acteur au expressions faciales inexistantes (Tsui Hark aurait il trop regardé Stormriders ?), Cecilia Cheung (Failan) que l'on ne présente plus et qui reprend pour ainsi dire le flambeau laissé par Brigitte Lin mais aussi Kelly Lam (Running Out Of Time 2), excellente en petite fée attendrissante auprès de Red ou encore Patrick Tam (Black Mask 2), un poil en retrait à cause d'un personnage beaucoup moins intéressant .
A coté de cette jolie galerie d'acteurs, on retrouve également Louis Koo (Bullets Over Summer, Black Mask 2) qui incarne très certainement le personnage le plus intéressant du film (ce n'était en effet pas bien compliqué de voler la vedette à Ekin) ou encore, et à titre figuratif, puisqu'au aussi bien la durée de sa présence que son personnage laissent perplexe, la talentueuse Zhang Ziyi (Tigres et Dragons, The Road Home) dont les qualités de composition sont bien peu mises en avant dans cette légende .
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En conclusion, The Legend of Zu est un film dans la plus pure tradition chinoise, que ce soit dans la narration (propre au wu xia pian), dans ses décors, sa musique (splendide et omniprésente), ses valeurs, et revisite avec succès la mythologie des célèbres montagnes du Sichuan. Ce conte ne sera peut être pas accessible à tous mais nul doute que ceux qui sauront s'y abandonner, y découvriront une richesse inestimable . |
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